C'est telle une hyène affamée, au milieu d'une jungle surpeuplée que j'ai erré, samedi dernier, à la recherche d'une charogne à tricoter.

Armée d'un billet de train et d' une lueur blafarde d'espoir, je me suis rendue à Strasbourg au salon Créativa consacré aux loisirs créatifs. A peine descendue du tram, je n'ai eu qu'à suivre les hordes de femelles qui convergeaient toutes vers le palais des congrès, alléchées par l'odeur du patchwork. Une dame, inconnue et néanmoins chaleureuse, m' a offert par hasard un billet d'entrée gratuit qu'elle avait en trop, au moment où, un peu sceptique quant au succès de ma quête,  je me mettais dans la queue pour payer. Qu'elle soit remerciée de sa générosité et aussi de son instinct qui la poussa vers moi alors qu'il y avait foule.

Le confinement d'une salle un jour de soleil radieux, la multitude de personnes se jetant sur les perles, tissus, chocolats, moi cherchant vainement une proie moutonnante à ramener chez moi tel un trophée... Tout ce que je déteste.

Une demie-heure plus tard j'étais dehors à brouter de l'herbe.

Une heure après j'étais chez Phildar et Elle tricote.